L’exposition aux inondations en Suisse a nettement augmenté au cours de la dernière décennie, portée par l’extension des zones de danger et la poursuite du développement dans les zones exposées. Une évaluation nationale récente indique qu’entre 2014 et 2023 les zones d’aléa inondation ont augmenté d’environ 30 %, tandis que le nombre de bâtiments exposés a progressé de plus de 30 %, entraînant une hausse significative du dommage potentiel aux bâtiments. Le risque global, mesuré comme dommage potentiel, a augmenté d’environ 25 % sur la même période. Ces constats soulignent l’importance de comprendre l’exposition locale aux inondations dans un climat en mutation.[1]
Le changement climatique accroît les risques d’inondation en Suisse, principalement en raison d’épisodes de fortes pluies plus fréquents et plus intenses. L’Office fédéral de l’environnement classe déjà aujourd’hui les risques liés aux inondations — y compris les dommages dus aux crues fluviales et au ruissellement de surface — parmi les risques climatiques élevés, et prévoit une augmentation d’ici 2060, portée par des précipitations plus fortes et une exposition croissante des bâtiments et des infrastructures. Sur Geoda.ch, vous pouvez évaluer le risque d’inondation pour toute adresse en Suisse à l’aide de deux jeux de données complémentaires : le ruissellement de surface causé par les fortes pluies et les inondations liées à la hausse des niveaux d’eau dans les rivières et les lacs, afin d’obtenir une vision plus complète de l’exposition locale..

Carte illustrant le ruissellement de surface potentiel et les inondations localisées lors de fortes pluies. Basée sur des données publiques de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). La carte présente des indications modélisées, et non des événements observés.[3].
En Suisse, environ un cinquième de la population est considérée comme exposée au risque d’inondation, ce qui reflète l’exposition du pays aux fortes pluies et aux débordements de cours d’eau. Pour y faire face, la Suisse investit environ 300 millions de CHF par an dans la protection contre les crues, soit près de 33 CHF par habitant. Sur ce total, l’Office fédéral de l’environnement finance environ 120 millions de CHF, le reste étant pris en charge par les cantons et les communes. [4]