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Radon et votre santé

Le risque lié au radon dépend de la géologie et du bâtiment ; les sections ci‑dessous expliquent les risques et les mesures à prendre.

Le radon est un gaz inodore, invisible, radioactif produit par la désintégration de l'uranium naturellement présent dans le sol. Le radon peut s'infiltrer dans les maisons et les bâtiments par de petites fissures ou trous dans le sous-sol, et sa forme gazeuse peut avoir des effets négatifs significatifs sur la santé.

La géologie de la Suisse signifie que le risque de pollution au radon est élevé dans tout le pays, et surtout dans les régions les plus montagneuses (voir carte ci-dessous). Le radon devrait donc être une préoccupation majeure pour les propriétaires, les acheteurs, les propriétaires bailleurs et les gestionnaires d'immeubles suisses. On estime que le radon est la deuxième cause de cancer du poumon en Suisse, juste après le tabagisme, et est responsable de 200 à 300 décès par an[1].

Radon Map

Carte montrant le risque de pollution au radon en Suisse. Les données cartographiques proviennent de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La carte présente des estimations du risque de radon, et les concentrations réelles dans les bâtiments peuvent être plus élevées ou plus faibles.[2].

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que ses pays membres aient un niveau de référence annuel national moyen de concentration de radon résidentiel de 100 Bq/m³ (Becquerel par mètre cube). Selon l'OMS, le risque de cancer du poumon augmente d'environ 16% par augmentation de 100 Bq/m³. [3] Le niveau de référence suisse est trois fois plus élevé que la recommandation de l'OMS, à 300 bq/m³. La carte des risques (ci-dessus) et l'analyse des risques sont basées sur le niveau de référence de 300 bq/m³. La concentration maximale de radon à l'intérieur fixée par la loi est de 1 000 bq/m³. [4]

Nos ancêtres semblent également s’être inquiétés du radon, car la tradition veut que les bâtisseurs observaient les fourmis pour choisir les lieux de construction. Selon ces récits, des fourmilières étaient déplacées sur le site prévu, et les endroits où les fourmis restaient étaient évités. La recherche moderne propose une explication possible à cette pratique : les fourmis rousses des bois européennes préfèrent nicher le long des zones de failles géologiques, où des gaz du sol comme le radon sont plus susceptibles de remonter à la surface. [5]

Evaluate the risk of indoor radon pollution with Geoda.ch

L’évaluation du risque radon de Geoda est construite par étapes. D’abord, nous partons de la probabilité de risque issue de la carte radon de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), c’est‑à‑dire la probabilité (en %) que les bâtiments de la zone dépassent le niveau de référence suisse de 300 Bq/m³.

Ensuite, nous ajustons légèrement cette valeur de base à l’aide des caractéristiques du bâtiment indiquées dans le rapport : l’âge du bâtiment et le type de bâtiment. En pratique, les bâtiments construits avant 1980 reçoivent une légère augmentation du risque, tandis que les bâtiments plus récents (2000+) reçoivent une légère réduction ; les immeubles multifamiliaux reçoivent également une légère réduction. L’ajustement lié à l’année de construction reflète l’amélioration progressive des pratiques et exigences : la norme SIA 180 (publiée pour la première fois en 1989 et révisée à plusieurs reprises, p. ex. 1999, 2006, 2014) a progressivement intégré des recommandations pour l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment contre les gaz du sol (dont le radon) et, en 2018, la Suisse a mis à jour l’ordonnance sur la radioprotection en abaissant le niveau de référence de 1 000 Bq/m³ à 300 Bq/m³, conformément à des recommandations internationales plus récentes (p. ex. de l’OMS).[6]

Troisièmement, nous tenons compte du type de bâtiment. Les immeubles multifamiliaux reçoivent un léger ajustement à la baisse, car le risque lié au radon concerne surtout les pièces dont le sol est en contact direct avec le terrain (généralement les sous-sols et les pièces du rez‑de‑chaussée dans les bâtiments sur dalle). Dans les immeubles d’appartements, une part plus faible des logements est directement exposée aux voies d’infiltration depuis le sol, de sorte que le risque intérieur attendu pour les occupants est en général plus faible — c’est pourquoi Geoda intègre le type de bâtiment (y compris si le bien est un immeuble à plusieurs étages/multifamilial) dans l’évaluation.

Le score ajusté est ensuite regroupé en un indicateur simple vert / jaune / rouge (comme dans l’exemple de rapport, où une probabilité de base de 2 % aboutit à un indicateur vert, et où le type de bâtiment et l’année de construction sont explicitement traités comme des facteurs clés).

Cette méthodologie est approximative et ne remplace pas des mesures de radon sur site. Elle est conçue pour être globalement cohérente avec la logique de l’évaluation officielle du risque radon de l’OFSP.[7]

Mesures de protection contre le radon

Si vous avez des doutes sur le risque de radon dans votre espace de vie, nous vous recommandons de suivre le plan en trois étapes ci-dessous : "vérifier", "mesurer" et "protéger". Cela vous aidera, ainsi que vos proches, à vous protéger des dangers de l'exposition au radon.

  • Vérifiez le risque de radon à votre adresse. Il est simple d'évaluer le risque de radon chez vous, sur votre lieu de travail, à l'école de votre enfant ou à toute autre adresse qui vous intéresse. Entrez l'adresse dans la barre de recherche Geoda pour recevoir un rapport sur le risque de radon. De plus, vous pouvez obtenir une estimation du risque sur le site web de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). [8] N'oubliez pas que ce ne sont que des 'estimations de risque' et qu'elles ne fournissent pas d'informations sur les niveaux réels de radon à l'adresse spécifiée.
  • Mesurez le radon dans votre maison. Il est judicieux de mesurer régulièrement le radon dans votre maison, surtout si vous habitez/travaillez à une adresse à risque élevé. Le risque de radon est particulièrement élevé dans les sous-sols et les pièces au rez-de-chaussée. Le radon s'infiltre à l'intérieur d'un bâtiment à travers des fuites dans les sols et les murs en contact direct avec le sol. Un phénomène appelé effet de cheminée provoque un effet d'aspiration, en particulier en hiver. L'air chaud montant à l'intérieur de la maison provoque une légère baisse de la pression de l'air dans le sous-sol et les étages inférieurs. L'effet d'aspiration qui en résulte, amplifié par les ventilateurs ou les cheminées, attire le radon et d'autres gaz dans les étages supérieurs à moins que le sous-sol et le rez-de-chaussée ne soient fermés par des portes étanches. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) met à disposition une liste de stations de mesure du radon reconnues pour acheter et évaluer des dosimètres. [8]
  • Protégez-vous du radon. Il existe plusieurs moyens de réduire les niveaux de radon dans les espaces intérieurs, tels que le scellement des fissures et des ouvertures dans la fondation, l'installation d'un système de ventilation contre le radon et l'utilisation d'un traitement de sol anti-radon.

    “Des moyens simples et économiques permettent de réduire une concentration trop élevée en radon dans un bâtiment.”

    Office fédéral de la santé publique [8] Read more

En résumé, il est crucial de prendre en compte le radon et la santé à votre domicile. Étant donné les risques sanitaires significatifs posés par le radon en Suisse, et sachant qu'il existe des moyens simples et peu coûteux pour protéger un bâtiment d'une exposition excessive au radon, nous vous recommandons vivement de toujours inclure les risques liés au radon lorsque vous prenez des décisions d'achat immobilier ou de déménagement dans un logement loué.